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L'Alsace au début du Moyen-Âge : Les peuples germaniques nous apportèrent leurs coutumes et imposèrent leur domination, après l'effondrement de l'Empire romain. Les Francs ont soumis la partie de la Gaule qui deviendra le royaume des Francs ou France. Les Burgondes ont formé la Bourgogne, les Lombards régnèrent sur la Lombardie. Dans nos régions, ce sont les Alamans qui s'enracinèrent et nous apportèrent leur langue: l'Alsace devint un pays germanique. Les tribus germaniques s'installèrent dans les campagnes et y instaurèrent une organisation particulière basée sur les droits des personnes, selon leur statut social (libres ou non libres, guerriers ou paysans) et des privilèges qui remplacèrent le principe d'égalité. La formation du Duché d'Alsace remonte au milieu du VIIème siècle. Il faisait partie de l'Austrasie et sa durée de vie est estimée à 100 ans(640 à 740). Les ducs successifs, Gondoin (640 à 650 ?), Boniface (664 à 666), Etichon encore appelé Adalric (673 à 684), Adalbert (mort en 723), Liutfrid (723 à 740) favorisèrent l'expansion du christianisme en créant des abbayes: Murbach, Honau, Niedermunster (au pied du Hohenbourg), Ebermunster, Wissembourg, Marmoutier, Saint-Etienne à Strasbourg. C'est vers la fin du VIIème siècle que fut fondé le couvent de Hohenbourg par le duc Adalric, Odile, sa fille, en fut la première adresse (mort en 720). Au VIème siècle, le diocèse de Strasbourg avait été rétabli, sous la direction de l'êveque Arbogast. Le rôle des missionnaires venus d'Irlande était alors très important pour la propagation de la foi chrétienne
Au VIII ème siècle, les Carolingiens se sont emparés du pouvoir. Ils anéantirent la puissance des duchés qui avaient quasiment obtenu leur indépendance et ils mirent ainsi fin au duché d'Alsace. L'avénement de Pépin le Bref (en 751) marqua en France le début de la royauté de droit divin. Le roi pratiqua toujours une politique d'entente avec l'Eglise. Le fils de Pépin le Bref, Charles ( de 768 à 814), poursuivit l'oeuvre de son père et , avant lui, de Clovis (vers 481 à 511): il voulait créer un royaume très puissant. Grand conquérant, il enleva l'Italie aux Lombards et la Marche d'Espagne aux musulmans. Au-delà du Rhin, il conquit la Saxe et étendit son autorité sur l'Autriche actuelle. A l'intérieur de ses Etats, il fit régner l'ordre, publia des lois appelées Capitulaires, favorisa et étendit ( non sans imprudence) le régime de la recommandation. Il fonda des écoles et provoqua une renaissance des arts et des lettres. En 800, le jour de Noël, il fut couronné empereur par le pape Leon III, dans la basilique de Saint-Pierre à Rome. L'europe de l'Ouest connu sous son règne un essor remarquable et l'Alsace profita de ce temps de gloire, car Charlemagne s'intéressait à notre région qu'il parcourut à maintes reprises. Le domaine de Marmoutier s'agrandit et atteignit 5 000 hectares, Wissembourg 22 000 hectares de terres arables (6 000 en réserve et 16 000 en tenure servile). L'abbaye de Seltz possédait un territoire d'une surface d'environ 20 000 hectares et une vingtaine de localités. Les abbayes exercèrent une éclatante influence intellectuelle. C'était aussi le temps de la prospérité économique de Strasbourg et de la campagne alsacienne. L'oeuvre de Charlemagne était gigantesque, mais l'empire etait trop vaste et composé de peuples trop divers. Ses successeurs ne purent continuer son oeuvre, l'empire disloqua. Bien sûr l'Alsace fut aussi touchée par ces boulversements. A la mort de Charlemagne, son fils l'empereur Louis le Pieux tenta de sauvegarder l'unité et , dès 817, il avait associé son fils Lothaire au pouvoir impérial, après avoir donné à ses deux fils cadets, Louis et Pépin 1er, des royaumes en Bavière et en Aquitaine. La naissance d'un quatrième fils, Charles dit le Chauve, l'obligea à refaire le partage. Les autres fils se soulevèrent alors contre leur père. En 833, ils le capturèrent dans les environs de Colmar. Il fut solennellement déposé par l'archevêque de Reims (le 7 Octobre) à la suite de la trahison de ses troupes. Ses fils l'enfermèrent dans un couvent, puis le rétablirent sur son trône, le 28 Fevrier 835. Pépin mourut en 838, alors qu'il était en route pour mater une nouvelle révolte de son fils Louis le Pieux qui mourut en 840; ce fut alors à nouveau la dispute pour la succession. Une page d'histoire de 400 ans : Les déchirements du IXème siècle: Le 14 Fevrier 842, Louis le Germanique et son demi-frère Charles le Chauve se coalisèrent contre leur aîné Lothaire: le traité d'alliance fut signé à Strasbourg (dans l'actuelle Plaine des Bouchers, dit-on) et, chose extraordinaire, en langue vulgaire, c'est à dire celle que parlait le peuple. Les deux armées, francaise et germanique, étaient présentes et associés à ce pacte. Les rois prêtaient serment dans la langue de l'autre, afin d'être bien compris de l'allié et de ses troupes. Ces documents sont les plus anciens en langue tudesque et en langue romane, qui deviendront par la suite la langue francaise et germanique. Vaincu par ses frères, Lothaire accepta, en 843, le traité de Verdun par lequel l'Empire était divisé en trois ensemble territoriaux: une Francie de l'ouest pour Charles le Chauve (la future France), une Francie de l'est pour Louis de Bavière (la future Allemagne) et une Francie du Centre, ou Lotharingie (Lothari Regnum) , qui allait de l'Italie à la Frise, et dont l'Alsace faisait partie. Le traité de Verdun peut être considéré comme un événement capital pour l'Europe d'aujourd'hui: là commencent les histoires séparées de la France et de l'Allemagne. Quant à l'Alsace, elle fut rattachée, et pour longtemps (800 ans), à la Francie Orientale, aprés le traité de Mersen en 870. Charles le Chauve mourut en 877 et après lui le titre impérial fut porté par des souverains de moins en moins prestigieux pour finalement disparaître dans l'indifférence générale, en 887, lors de la déposition de Charles le Gros. Ce fut une période de décadence. La famille des comtes d'Anjou (Robert le Fort, Eudes...) se distingua dans la lutte contre les Normands (siège de Paris); à trois reprises les Grands choisirent un roi dans cette famille: ainsi le roi de Francie Occidentale était tantôt un déscendant de Charlemagne, tantôt un descendant d'une nouvelle famille. En 987, l'élection d'un Robertien, Hugues Capet, établie une nouvelle dynastie.
Dans la Francie de l'est, au Xème siècle, les troubles intérieurs et la faiblesse du pouvoir royal profitèrent aux quatres plus puissants princes allemands( les Ducs de Bavière, Franconie, Saxe et Souabe). Ce fut d'abords le duc Conrad de Franconie qui obtint la couronne du royaume de Germanie, puis, en 919 le duc de Saxe, Henri l'Oiseleur. Ce dernier réussit à faire accepter la continuité de son lignage, parcequ'en 933 il fut le seul à pouvoir contenir les envahisseurs slaves et hongrois, sans oublier ses campagnes victorieuses contre les Danois. Il annexa la Lorraine qui faisait partie de la Lotharingie. Tout ceci lui permit d'agrandir son patrimoine et d'acquérir une grande renommée. Les ducs de Saxe s'imposèrent progressivement et s'emparèrent de la couronne royale. En 936, à Aix la Chapelle, Henri fit reconnaître son fils Otton comme roi de Germanie ( c'est ainsi qu'était appelé l'Etat formé, en 843, d'une partie de l'Empire carolingien et attribué à Louis dit le Germanique). L'expression cessa d'être employée à partir de 1024. Le nouveau roi fut le souverain le plus puissant de son temps, le prince le plus actif et le guerrier le plus redoutable depuis Charlemagne (qui était d'ailleurs son modèle). Il a passé son temps à parcourir le royaume en tous sens. A son tour il dut lutter contre les Slaves et Hongrois. Vaincus définitivement, en 955, lors de la bataille de Lechfeld (près d'Augsbourg), ceux-ci se sédentarisèrent dans la plaine du Danube moyen et se convertirent au christiannisme. Dès le XIème siècle, leur royaume joua déjà un rôle important. Profitant de la dégradation du pouvoir en Lotharingie, Otton conquit toute l'Italie du nord jusqu'au sud de la Toscane et accorda sa protection au pape, qui a imploré son aide contre le roi de la Lombardie. Il épousa Adélaïde, la veuve du roi d'Italie et devint le protecteur de la Bourgogne.En 962, le 2 février (jour de la Chandeleur), Otton Ier fut couronné Empereur par le pape Jean XII, à Rome, sous les acclamations du peuple et du clergé. C'est après celle de Charlemagne, la seconde restauration d'un empire Occident. Ce sera plus tard le Saint-Empire Romain Germanique (Das Heilige Römishe Reich Deutscher Nation).Le France ne fera jamais partie de cet empire qui durera jusqu'en 1806: c'est Napoléon Ier qui le détruira. En 917 et en 926, les Magyars (Hongrois) étaient venus en Alsace et avaient causé de terribles dégâts: l'abbaye d'Eschau fut totalement détruite en 926. Finalement les Vikings se fixèrent en Normandie (ils n'avaient visité l'Alsace que pour s'y approvisionner). Les pouvoirs des rois étaient affaiblis par tous ces troubles. Il devint nécessaire d'assurer le rôle de l'Empereur et des rois. Les "Grands" s'en sont chargés et pris la défense de leurs régions. Pour résister aux envahisseurs, ils ont construits des châteaux fortifiés (d'abord en bois -les mottes castrales-, puis en pierre). Les habitants d'alentour pouvaient se mettre sous leur protection et les chefs locaux, eux-aussi, se recommandaient au "grand voisin". Ainsi sont apparus les seigneurs, petis ou puissants. Deux familles ont alors réussi leur ascension et furent choisies pour remplacer les Carolingiens: en France comme en Allemagne la royauté devint élective, ce qui la fragilisa. Le Saint-Empire Romain Germanique : Les empereurs Saxons et Ottoniens: Henri 1er, dit l'Oiseleur (919-936), puis Otton 1er, dit le Grand
(936-973), ont donné des assises solides à cet immense
domaine appelé le Saint-Empire. Le pape, la noblesse et même
le peuple de Rome devaient prêter serment de fidélité.
Cette situation entraîna bientôt une longue lutte qui
opposera le Sacerdoce et l'Empire. Otton III rêvait d'une domination universelle, mais l'Allemagne était agitée et l'Italie elle-même était près de la révolte. Il mourut du paludisme dans le château près de Viterbe. Il avait 22 ans et n'était pas marié, donc sans héritier. Son cousin, Henri II (de Bavière) lui succéda (1002-1024) et fut le dernier représentant de la dynastie saxonne. La féodalité allemande profita de ces désordres pour se rendre complètement indépendante et anéantir l'autorité monarchique. C'est pourtant sous le règne de la dynastie saxonne que l'Alsace a joué un rôle politique qu'elle n'avait jamais eu sous les Carolingiens. Elle contrôlait un réseau de routes stratégiques vers les cols alpins et l'Italie qui était le plus grand souci des trois Otton.
La dynastie Franconnienne ou Salienne : A la mort de Henri II, le choix des ducs allemands se porta sur Conrad,
un prince franconnien de la famille des Saliens. Il devint roi en
1024 et fut couronné empereur à Rome en 1027. Conrad
II, comme ses prédécesseurs, avait les yeux tournés
vers l'Italie. Il se servait de l'Alsace comme base de départ
pour ses expéditions militaires. Il passait souvent à
Strasbourg. En 1032, il entreprit une expédition qui, partie
de Strasbourg, aboutit à l'annexion de la Bourgogne et du royaume
d'Arles. Il récidiva durant l'hiver 1033. C'est lui qui nomma
Bruno d'Eguisheim évêque de Toul. C'était un souverain
réaliste qui ne s'encombrait guère de scrupules et pactisait
avec des souverains païens, si nécessaire (les pays scandinaves). Lorsque Grégoire VII s'installa sur le trône de Saint-Pierre,
en 1073, la situation changea. L'ancien moine de Cluny avait une forte
personnalité et voulait libérer l'Eglise de sa domination
par le pouvoir impérial: à la Chrétienté
impériale devait succéder la Chrétienté
pontificale. L'autorité du Saint-Siège devait être
considérée comme la référence suprême,
excluant toute ingérence des laïcs dans les affaires de
l'Eglise. Il promulgua en 1075 un décret précisant ces
nouvelles décisions sur les investitures, pour contraindre
les prêtres au célibat et empêcher la simonie (vente
des sacrements ou d'une fonction religieuse). Dorénavant, c'est le pape, et non plus l'empereur, qui était
considéré comme le plus important serviteur de Dieu
et le représentant du Christ sur Terre. Les comtes d'Eguisheim :
les Hohenstaufen : C'était « un âge d'or pour l'Alsace» - Die
Staujèrzeit, eine Blütezeit für das Elsass ! Frédéric le Borgne (1105-1147) était duc de
Souabe et d'Alsace. Lorsque Henri V se rendit en Italie, c'est à
lui qu'il confia la mission de défendre l'Empire contre tous
ses ennemis. Il fit construire un grand nombre de châteaux forts,
surtout dans le Nord de l'Alsace. Il possédait à Haguenau,
sur l'île de la Moder, un palais de chasse.
Au XIIIe siècle, le Kochersberg constituait l'un des principaux
territoires du domaine épiscopal et formait un tout administratif,
appelé bailliage. Chaque village du bailliage était
doté d'une petite administration particulière. A la
tête était un prévôt (Schultheis), nommé
par l'évêque. Il était entouré d'un certain
nombre d'échevins. Prévôt et échevins formaient
un tribunal local et jugeaient les petits délits ruraux. Cette
cour recevait aussi les contrats de vente, de mariage, les actes d'adoption
et les testaments.
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