Le Dabo: Histoire du château

Le rocher qui porte l'actuelle chapelle émerge au milieu d'un cirque de montagnes tâcheté de toutes les nuances du vert des forêts et prairies. Les hauteurs semblent se tenir respectueusement à distance de cette tour naturelle, géant de grès qui culmine à 650 mètres d'altitude. Curieusement, les sommets environnants portent des rochers étranges percés de cupules (Geisfelsen, Backofenfelsen, Hohwalsch...). Tout semble indiquer que dans un passé lointain les hommes se tournaient vers ce paysage magique auquel ils offraient on ne sait quel rituel grâce à ces bassins creusés dans le grès.

Au-dessus de Walscheid fut édifié sur un éperon barré un premier château fort, sans doute déjà sous Louis, comte de Moha, dont la fille et unique héritière épousa Hugues IV que nous nommons seigneur d'Eguisheim, comte du Nordgau. Nous serions donc à la fin du Xe siècle. Le but de cette forteresse était de contrôler la vallée de la Bièvre par où transitait une vieille route. Le pays qu'il surveillait faisait partie intégrante de l'Alsace, ce n'est qu'à la suite des découpages administratifs décidés par la Révolution que le comté fut intégré à la Lorraine! Du mariage de Helwige de Moha et de Hugues IV d'Eguisheim naquirent au moins huit enfants, dont Brunon qui deviendra le pape Léon IX, canonisé par l'Eglise.

Sans doute discutera-t-on encore longuement sur le lieu de naissance de Brunon. Pour nombre, il est né au «Vieux Dabo», c'est-à-dire au château au-dessus de Walscheid et pour d'autres encore au château d'Eguisheim. En tout cas, la famille était proche des empereurs saliens. Hugues IV est un cousin de Conrad le Salique et un de ses fils épouse la nièce du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III. Cette alliance avec la lignée régnante attire bien des ennuis aux Eguisheim-Dabo. En 1026, Ernest, duc de Souabe, en rébellion contre l'empereur Conrad, détruit les châteaux de Hugues IV. Parmi ces châteaux se trouve Eguisheim (mentionné dès 1006), Sainte-Odile, le Burgberck et probablement Dabo. Tous ces faits placent la famille parmi la haute aristocratie et Brunon sera nommé, à vingt-quatre ans, évêque de Toul. C'est encore à l'empereur Henri III qu'il doit sa nomination au trône pontifical en 1048 et sa consécration sous le nom de Léon IX en 1049. Il faut toutefois noter que ce n'est qu'en 1038 qu'on mentionne pour la première fois dans un document la lignée des comtes d'Eguisheim ! Les historiens parlent, pour la période antérieure, «d' Eberhardiens» du nom d'un Eberhard qui vécut au temps du roi de Lorraine Lothaire Il (855-869) et qui forme ainsi «l'ancêtre» de notre lignée.

Les Eguisheim-Dabo : l'épée de l'Eglise :

On aurait pu croire que cette puissante famille alsacienne, avec ses racines lorraines, se serait montrée fidèle à l'empereur qui venait de la hisser aux premiers rôles. Il n'en sera rien. Le pape Léon IX sera celui qui cherchera a émanciper l'Eglise de la tutelle impériale. Il osera déclarer à l'empereur qu'il ne se sentira «pape» qu'après avoir été élu par les cardinaux de l'Eglise. Il préside les conciles, promulgue les règles canoniques, rétablit la discipline. Il entreprend de nombreux voyages et sera poussé, en 1053, à faire la guerre aux Normands qu'il venait de placer au ban de la chrétienté. Au cours d'une bataille qui oppose son armée aux hommes du Nord, sa garde personnelle, sept cents teutons, est écrasée. Les soldats italiens se débandent et Léon IX est prisonnier. Jeté en prison à Bénévent, il tombe malade et ne se remettra plus. Libéré, il meurt en 1054.

Léon IX, par son activité, forme l'amorce d'une vaste transformation des structures de l'Eglise qui débouche sous Grégoire VII sur la réforme grégorienne et la «Querelle des Investitures». Le pape interdit désormais aux laïcs de s'ingérer dans les affaires ecclésiastiques. C'est à l'Eglise de nommer ses prélats et non à l'empereur. Henri IV déclare Grégoire VII illégitime et le pape excommunie l'empereur ( en 1076)! La querelle dégénère en guerre qui s'étale sur une longue période. Les Eguisheim-Dabo vont jouer un rôle important dans ce conflit et Hugues VI est le chef du parti grégorien en Alsace. C'est lui qui est appelé, pour la première fois dans un document postume, von Dagsburg ( en 1091).

Le virage des Eguisheim-Dabo, quittant le camp impérial pour se rallier à l'Eglise, se situe donc avec l'avènement de Brunon au trône pontifical. Hugues VI deviendra même, en Alsace, le plus acharné des opposants au nouveau duc de Souabe et d'Alsace qui vient d'être nommé en 1079 par l'empereur Henri IV et qui n'est autre que Friedrich von Büren, le père des Hohenstaufen. On sait que Hugues VI lance à partir de ses châteaux et donc de celui de Walscheid, de nombreux raids contre les possessions impériales, empêchant le duc de Souabe et d'Alsace de contrôler le pays. On connaît sa fin. Invité par les Hohenstaufen à une réunion de conciliation dans la demeure de l'évêque de Strasbourg, qui n'est autre que Otton de Hohenstaufen, Hugues est assassiné (en 1089) par l'échanson épiscopal. Les Hohenstaufen affirmeront haut et fort qu'ils ne sont pour rien dans ce meurtre. Il n'empêche que le crime leur réussit et que leur principal adversaire a disparu.

On voit ainsi qu'au château de Dabo se joue, pour partie, le destin de l'Eglise et de l'empire. La Maison des Eguisheim-Dabo allait mettre un siècle pour se relever. Hugues VI ne laissait pas d'héritier direct. Ses biens échurent en grande partie aux comtes de Metz. Volmar II, comte de Metz, remit les vastes domaines à son fils qui s'intitula Hugues VII. D'un tempérament belliqueux, il s' engagea dans une multitude de guerres féodales, se conduisit en véritable despote dans ses états. La petite noblesse se révolta contre lui et le chassa. La chevalerie alsacienne, craignant que cette rébellion ne conduise à d'autres actes du même genre contre l'autorité, décida de briser le mouvement. Le duc Berthold de Zaeringen dirigea l'expédition punitive. Il arriva avec ses troupes à Molsheim où ses gens se conduisirent si mal que les bourgeois se rebellèrent et mirent en fuite la soldatesque (en 1122). Hugues VII réussira finalement a reprendre ses états. Il meurt en 1128 sans laisser d'héritier direct. A nouveau le comté de Dabo retombe entre les mains des ducs de Lorraine.

La construction du nouveau Dabo :

Le duc Volmar III cède le comté à son fils, Hugues VIII (parfois également mentionné par les historiens sous Hugues IX). C'est lui qui porte encore le titre du comte du Nordgau ( en 1153) et qui va transférer la résidence de la famille du château de Walscheid au rocher de Dabo. Ce serait donc lui le bâtisseur du nouveau Dagsburg. Ce transfert s'explique pour partie par l'importance de la route stratégique Strasbourg - Sarrebourg qui passe non loin du rocher offrant davantage de défenses naturelles que l'éperon de Walscheid. Par ailleurs, l'architecture a fait de grands progrès en deux siècles, offrant également plus de commodités aux habitations seigneuriales. Enfin, le site permet également de sortir des profondes forêts pour occuper un espace plus central, plus en contact avec les courants commerciaux.

A la mort de Hugues VIII (entre 1178 et 1180), c'est son fils Albert, comte de Metz, d'Eguisheim, de Dabo et de Moha qui prend la succession. La famille est revenue sur les devants de la scène internationale. Elle forme l'une des grandes oppositions aux Hohenstaufen qui traversent justement une mauvaise phase. En 1196, Henri VI de Hohenstaufen meurt; la succession au trône est contestée aux Staufen. Il s'en suit une nouvelle guerre dans laquelle les Eguisheim-Dabo sont aux premières loges. Albert entreprendra un voyage en Angleterre pour y chercher un anti-roi, Otton de Brunswick, couronné roi des Romains en 1198 par le parti guelfe. L'année suivante, Philippe de Hohenstaufen, dit de Souabe, attaque les châteaux d'Albert et détruit le Guirbaden. Il ne tentera rien contre Dabo même. Le conflit s'enlise. En 1201, Albert aura sa plus grande épreuve. Ses deux fils, qui s'étaient rendus au tournoi d'Andenne, dans le comté de Namur, s'entretuent au cours d'un simulacre de combat. Il ne reste à la maison d'Eguisheim-Dabo qu'une fille, Gertrude.

«De sa beauté, nul n'en parlait, mais tous célébraient à l'envie son esprit et son savoir», nous rapporte le chroniqueur. Gertrude, dit-on, parle couramment le français, l'allemand et le latin. Peu après 1206, elle épouse «le plus bel homme de son temps», Thiébaut, fils du duc de Lorraine Ferri.

En 1209, Otton de Brunswick, est couronné empereur par le pape Innocent III. Le camp guelfe triomphe, le maître de Dabo est à l'apogée de sa puissance. Il est l'un des hommes forts de l'empire et ses terres s'étendent de la Sambre à la vallée de l'Ill, il contrôle plus de dix châteaux forts et peut se flatter de liens de parenté avec les plus grands personnages de son temps. C'est au sommet de sa gloire qu'Albert meurt en 1211. L'immense comté est hérité par sa fille unique, Gertrude, qui ne réside que passagèrement au château de Dabo. Thiébaut de Lorraine, pendant ce temps, tente de règler ses comptes avec les Hohenstaufen. En effet, Otton de Brunswick, dès 1210, est lâché par le pape qui ne lui pardonne pas l'invasion de la Sicile. Cette fois Rome soutien Frédéric II de Hohenstaufen qui réussit à gagner à sa cause le duc de Lorraine. A la mort de son père, Thiébaut cherche à faire honorer par les Hohenstaufen une vieille dette. Mal lui en prend, Frédéric II envahit la Lorraine, capture le duc qui devra combattre dans son armée. Quand Thiébaut est enfin libéré, il passe par Saint-Hippolyte en Alsace où, selon la tradition, une courtisane lui verse du poison. Le duc de Lorraine passe encore en 1219 à Dabo et meurt peu après. Du coup Gertrude est veuve. Elle sera vite convoitée et épouse le comte de Champagne, Thiébaut IV. Au bout de deux ans de mariage, Thiébaut obtient que le pape prononce la nullité du mariage du fait que Gertrude ne peut avoir d'enfant! La voici à nouveau libre, pour peu de temps il est vrai. Le comte Simon de Linange l'épouse en troisièmes noces.

Tombée malade, Gertrude se retire au château du Herrenstein où elle s'éteint en 1225 comme dernière de son sang. Aussitôt s'ouvre la guerre de succession!

L'évêque de Metz réoccupa de suite ses fiefs et châteaux tout en supprimant le comté de Metz, annexant les villes de Sarralbe et Sarrebourg. L'évêque de Liège, Hugues de Pierre-Pont, s'empara des domaines de Moha. Simon de Linange se vit même contester ses droits sur le comté de Dabo par les margraves de Bade, Herrmann et Henri, oncles de Gertrude. Le duc du Brabant éleva à son tour des prétentions. L'affaire se compliquait sans cesse par l'apparition de nouveaux prétendants. Le 2 novembre 1226, les margraves de Bade se désistent en faveur de l'évêque de Strasbourg, Berthold de Teck. Le duc du Brabant, un cousin de Gertrude, fit opposition à cette cession, mais sera débouté par un jugement rendu par le bailli impérial pour l'Alsace, le landgrave Siegebert de Werd et son fils Henri. Il s'en suivra une guerre entre le duc du Brabant et l'évêque de Liège qui sortira vainqueur du conflit en annexant le comté de Moha. Le pape Grégoire IX ratifia finalement les droits que venait d'acquérir l'évêque de Strasbourg. L'abbesse d'Andlau en profita pour faire valoir ses titres. Elle décréta que le château de Dabo, avec tenants et attenants, relevait de son abbaye. Elle cédait ses droits à l'évêque qu'elle reconnaissait comme héritier de Gertrude et signa l'acte de cession le 4 mars 1227.

Dabo, fief des seigneurs de Linange :

La guerre de succession se poursuivit. L'évêque de Metz, Jean d'Apremont, bloqua sur ce le château de Dabo. Le siège traîna en longueur, la place semblait imprenable. Finalement l'évêque entama des négociations. Simon de Linange se verra reconnaître le château et le comté sous forme de fief épiscopal de Strasbourg, situation que l'évêque de Metz finira également par reconnaître en 1237, après la mort de Simon. Frédéric III de Linange devenait l'héritier. Il devra épouser Elisabeth d'Apremont, nièce de l'évêque et lui reconnaître comme douaire le comté tant convoité. Entretemps, l'évêque de Strasbourg s'était emparé par la force d'autres châteaux relevant du comté d'Eguisheim-Dabo, à savoir le Ringelstein, Guirbaden, Bernstein... Ce dernier château fut âprement défendu par la garnison des Linange.

Le démembrement du puissant comté était consommé. Il ne restait plus qu'un petit territoire montagneux et couvert de forêts, englobant sept petits villages et mesurant six lieues de long sur deux de large. Mais au-dessus de ce comté surgissait toujours la sentinelle, la formidable forteresse de Dabo.

Dans un premier temps, les Linange versent régulièrement leur dû à l'évêque de Strasbourg. A la fin du XIIIe siècle, mais surtout au cours du XIVe, ils cherchent à s'émanciper de cette tutelle qui leur coûte. Emich V de Dabo-Linange se révèle comme un seigneur turbulent. Le comté venant d'être élevé en fief d'immédiateté de l'empire, notre seigneur tente de se soustraire à l'hommage qu'il se devait de rendre à l'évêque. Allié au margrave de Bade, il lance d'audacieux raids sur les propriétés épiscopales. En 1373, Emich accorde à la ville de Strasbourg le droit d'ouverture au château de Dabo, moyennant une somme de 4 000 florins. Ainsi la ville pourra utiliser le château selon ses besoins. Il ne semble pas que la grande cité ait fait usage du Dagsburg.

Finalement l'évêque de Strasbourg répliqua en mettant le comté à feu et à sang. Emich sera vaincu et devra à nouveau reconnaître l'évêque comme son suzerain (en 1388).

Au XVe siècle, le château de Dabo reste entre les mains des Linange, mais est divisé, d'abord en deux parts, puis en trois. En 1430, Emich VI, Frédéric VIII et Jean de Linange se partagent la place.

Emich VI meurt en 1447. A nouveau le château est divisé en trois parts par les membres de la famille. Rien de notable n'est à signaler pour le burg pour la suite de ce XVe siècle. Les choses changent avec Emich YIII qui se place avec ses biens sous la protection du roi de France dans le conflit qu'il venait d'ouvrir avec le prince-électeur Frédéric. Malheureusement Louis XII mena mal la lutte qui l'opposait à l'empereur Maximilien. Vainqueur en 1513 à la bataille de Novare, Maximilien envahit les terres françaises et punit les Linange en plaçant leurs biens sous séquestre au profit de l'évêque de Strasbourg qui en assurera l'administration. Au château s'installe alors un bailli épiscopal. Ce n'est qu'en 1515 qu'Emich peut récupérer ses biens. Il se désistera en faveur de ses fils, Emich IX et Engelhardt. Mais le vieux Emich avait bien des rancœurs. Il se mit à brigander le pays, arrêtant les marchands qui circulaient sur les routes traversant le comté et les jetant dans un cachot au Dagsburg. Marchands et bourgeois commencèrent à croupir dans les geôles du château, le temps que leurs proches paient les rançons exigées par Emich. De nombreuses protestations s' élevèrent, mais personne n'osa entreprendre une expédition punitive qui s'avérait difficile et surtout coûteuse. Il est vrai que nous entrons dans la période de la guerre des Paysans ( en 1525). La noblesse à d'autres soucis, il faut d'abord briser cette révolte qui menace les structures même de la société féodale et s'en prend aux châteaux et abbayes. Emich ne sera donc pas inquiété.

La guerre de Trente Ans laissa le château intact. Les Linange, engagés dans le camp protestant, se placent sous la protection du prince de Saxe-Weimar, allié du royaume de France, ce qui évite au comté les pillages. Au sortir du traité de Westphalie, la situation du comté n'est pas évidente. Le royaume de France considère le comté comme acquis au roi; l'empereur d'Allemagne l'estime toujours terre impériale! Le comté qui avait échappé aux dévastations sera, malheureusement, victime de la prochaine guerre, celle dite des Pays-Bas qui débute en 1672.

La résistance acharnée de la place :

En 1677, la guerre se déroule sur le front de la Lorraine. Le maréchal de Créquy, à la tête de 25 000 hommes, doit affronter l'armée impériale renforcée par les troupes du duc de Lorraine. Pour contrôler les passages des Vosges, Louvois demande à Créquy de s'emparer du château de Dabo «qui tient un des meilleurs passages pour venir d'Alsace à Sarrebourg» si nous devons en croire une lettre de Créquy. Ce sera l'armée de Montclar qui aura charge de mener l'affaire. Montclar désignera le brigadier d'infanterie, Monsieur de Boisdavid, pour cette opération qui paraissait des plus faciles. Il est vrai que la garnison n'était constituée que de quelques paysans encadrés de gardes chasse. Le prétexte de l'intervention fut vite trouvé. Les Français accusèrent la garnison d'être composée de brigands qui régulièrement écumaient le pays, s'attaquant aux soldats isolés et s'étant constitué un grand trésor qu'ils gardaient dans la place. Ce seraient des montagnes d'or ainsi qu'un magnifique service d'argenterie enlevé au duc de Créquy même! Le 8 mars 1677, Boisdavid apparaît sous les murs du burg avec une troupe d'environ
400 hommes d'infanterie et une centaine de cavaliers. Les sommations furent repoussées et les assiégeants commencèrent par creuser des galeries de mines. Mais un feu nourri partant de deux échauguettes, coucha deux mineurs et plusieurs soldats sur le carreau. Il fallut renoncer à cette technique. Mais loin de se contenter de résister, note la tradition, voici que les assiégés se mettent à narguer l'assaillant et du haut du rocher ils jetèrent une chèvre morte dans le camp des Français avec une affichette proclamant: «Quand cette chèvre filera, Dabo se rendra».
Exaspéré, Montclar dépêcha depuis Saverne deux canons de 24. Leur mission fut d'abattre les deux guérites qui interdisaient l'approche des murs. Le tir de l'artillerie fit mouche, les guérites furent détruites et la peur commença à s'installer dans le camp des assiégés. La garnison sollicita d'honorables conditions pour capituler. Ce qu'elle obtint. Dix-huit hommes sortirent du château après avoir résisté pendant cinq jours.

L'acte de capitulation stipule:
1 - La garnison sortira avec ses armes et sera conduite à Wasselonne.
2 - Tout ce que chaque homme de Dabo aura pu faire contre les Français sera oublié.
3 - Les Français n'auront d'autre droit que de mettre une garnison dans le fort, ils ne changeront pas les droits de la seigneurie.
4 - Tous les effets mobiliersdemeureront là où ils se trouvent, soit qu'ils appartiennent au château ou à des
particuliers et on les rendra dès qu'ils seront réclamés.

5 - Les employés de la seigneurie, tant de la justice que de l'administration, conserveront leurs emplois s'ils le désirent.
6 - Le chateau restera tel qu'il est et ne sera pas démoli.

Montclar installera alors 150 fusiliers dans la place ainsi qu'une compagnie de dragons. Leur mission était claire. Interdire tout passage de troupe. Il y laissa également un canon, mais ne trouva pas le trésor. Cette histoire d'or et d'argenterie, montée de toutes pièces, fera toujours rêver les chercheurs de trésors et encore récemment une véritable campagne déchaîna les passions, faisant rêver plus d'un sur le trésor du Dabo!

Le 30 mars 1677, le maréchal de Créquy vint inspecter la forteresse. Il demanda à la cour de procéder à des réparations urgentes et à des aménagements défensifs importants, estimant le montant des dépenses à environ 30 000 livres. Le 10 avril, la cour n'avait toujours pas répondue et Montclar proposa de raser le château. Finalement 3 000 livres furent dégagées et quelques travaux entrepris. Une compagnie franche forma dès lors la garnison de la place.

Mais l'intérêt royal pour le château ne dura guère. En 1679, la conquête de l'Alsace semblait être acquise militairement, seul Strasbourg formait encore une enclave qui échappait provisoirement. La place aurait dû être remise à ses légitimes propriétaires, les comtes de Linange. Louis XIV en jugea autrement. Il ordonna la destruction du burg par crainte à ce qu'il ne devienne, à l'occasion d'une nouvelle guerre avec l'Allemagne, une place acquise à l'empereur. Le 13 novembre 1679 fut signé l'ordre de démolition de Dabo. C'est à coups de mines que les murailles furent abattues, autant les fortifications que les logis et dépendances afin que rien ne subsiste du château. Les Linange protestèrent énergiquement contre cette violation de l'accord signé en 1677 par les Français. Le plus fort avait dicté sa loi!

 

 

 

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