Le Moyen - Age

Traditionnellement, le Moyen Age débute à la chute de l'Empire romain ( 476 ) et prend fin en 1463 lors de la chute de Constantinople. Cette vaste période, elle-même découpée en "haut" ( jusqu'à l'an 1000) et en "bas" Moyen Age, fut longtemps considérée comme une époque obscure pendant laquelle l'Occident subit un recul de la civilisation.

Aujourd'hui, on reconnait ces milles ans d'histoire comme le berceau de l'Europe moderne. Progrès techniques, mise en place, souvent tâtonnante, d'Etats forts et souverains, construction de villes et aménagement des territoires.

Les rois barbares - Les mérovingiens

Apres la chute de l'Empire romain, la Gaule ne dispose plus d'une autorité centrale : une multitude de chefs de clans dominent de petits territoires. Clovis s'impose par la force aux Francs. Mais il ne se contente pas d'être un simple chef de guerre, il veut être roi, desendant de la tradition gallo-romaine.

Pour se faire respecter, Clovis doit réaliser un coup d'éclat. Il rassemble une armée aux portes de Solissons pour s'attaquer à Syagrius, "dernier des Romains" présent en Gaulle. En le battant, Clovis débarrasse symboliquement la Gaule de l'emprise romaine. C'est alors que survient l'épisode du fameux vase de Soissons. L'evèque avait demandé à Clovis de respecter l'objet sacré mais, après sa victoire, il ne peut empêcher le pillage de la ville par ses guerriers, et l'un d'eux le brise. Un an après cet incident, Clovis punit le coupable en lui fendant le crâne. Par ce geste, il se pose en protecteur de l'Eglise.

En 496, Clovis se fait baptiser à Reims par saint Rémi, devenant ainsi le premier chef barbare catholique. Ce baptême est une importance capitale. D'abord parce que l'Eglise ne peut se fier aux autres chefs barbares qui occupent le territoire et qui sont adeptes d'une religion dérivée du christianisme condamnée par l'Eglise : l'arianisme. Ensuite , parce que l'élite gallo-romaine trouve en lui un protecteur tout désigné. Pour Clovis, l'avantage est triple : l'Eglise est la seule autorité encore puissante, l'élite gallo-romaine est la seule à détenir les richesses et , grâce à ce baptême, il justifie ses futures conquêtes par son devoir de lutte contre les ennemis de la chrétienté. En outre, l'armée de Clovis est la plus importante, il faut imaginer plus de 10 000 hommes vêtus de braies ( sorte de pantalon ) et d'une large ceinture de cuir, armés de haches ( les fameuse francisques ) et parfois d'une lance, portant glaives et boucliers à la manières des Romains. Ils sont craints et réputés pour leur bravoure, ne reculant jamais devant l'ennemi.

De ce fait les conquêtes de Clovis sont rapides et faciles. Il chasse les Burgondes à l'est et les Goths dans le midi et en Aquitaine. A sa mort, il avait recollé les morceaux de l'ancienne " Gaule chevelue" sauf la bourgogne et la provence ostrogothique qui echappent encore à sa domination.

Premier partage : les rois "fainéants"

( 511 à 751 )

Si Clovis a bâti un royaume, il n'a pas bâtit un Etat. Il réagit selon la coutume franque et partage son royaume entre ses fils comme on partage un butin. Ainsi, après sa mort, Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire agissent en chefs de bande, et après de longues luttes familiales, constituent trois royaumes distincts : la Neustrie à l'ouest de l'Oise, l'Austrasie à l'est et la Bourgogne dans l'axe Saône-Rhône. La Bretagne, l'Aquitaine et la Provence, qui n'ont aucun peuplement franc, échappent complètement aux héritiers de Clovis.

Du VIIème siècle au VIII ème, les rois de Neustrie et D'austrasie se livrent des guerres sauvages et continuelles. Ce désordre empêche les Francs de rendre effective la conquête du royaume. L'unité pouvant se faire, des royaumes indépendants se constituent : les Basques, la Bretagne unifiée par Waroc en 580 et les Provencaux qui n'hésitent pas, au VIIIème siècle, à demander secours aux Arabes contre les Francs.

Seule lumière de ces temps troublés, le roi Dagobert ( 629 à 639 ), fils de Clothaire II parvient à se faire reconnaître par la Neustrie, les Basques, la Bourgogne et les Bretons. Son conseiller et orfèvre, le bon Eloi, lui apprend à se conduire en souverain et à rendre justice sans être soumis à la coutume. Il parvient à limiter la puissance foncière de l'Eglise et fonde la célèbre abbaye de Saint-Denis. Mais, à sa mort, son royaume est à son tour partagé. Les nobles en profitent pour augmenter leurs pouvoir et réduire ceux du roi à leur plus simple expression. Les maires du palais, élus par les nobles, gouvernent à la place de ces rois "fainéants" et l'un d'eux, Pépin de Herstal, nommé en Austrasie, parvient à dominer la Bourgogne et la Neustrie. Au VIII siècle, il est maître de tout le pays. Entretemps les Mérovingiens ont disparu sans descendance.

L'empire carolingien :

Si Charles Martel; fils bâtard de Pépin de Herstal et maire du palais en Austrasie, n'a jamais regné, il est le rénovateur et le protecteur des frontières du royaume franc. Il repousse les Frisons, les Alamans et les Saxons, domine la Neustie et l'Aquitaine en révolte avant de battre, en 732, une armée Berbères à Poitiers et de mettre un terme à l'expansion musulmane vers le nord. Fort du prestige énorme que lui confère ses victoires, il réforme l'Eglise et achète les grands seigneurs en leur donnant des terres et des richesses confisquées aux évêques.

Charles laisse à sa mort deux fils : Carloman et Pépin, dit le Bref. Pour étouffer une révolte générale des nobles, ils doivent immédiatement nommer un roi, Childeric III, Mérovingien oublié de tous. Mais Pépin veut regner. Son frère entré au couvent, il réunit à Soisson, en 751, l'assemblée des nobles, se fait élire et sacrer roi des Francs par saint Boniface. En 754, il se fait sacrer une seconde fois par le pape Etienne II en personne. Selon la chronique, le Saint-Père fait ce jour-là << défense à tous sous peine d'interdit et d'excommunication, d'oser jamais choisir un roi issu d'un autre sang >>. Ainsi naît la royauté de "droit divin" : la personne du roi est désormais inviolable. L'un des deux fils de Pépin, Carloman, meurt prématurément, laissant Charles, dit Charlemagne, seul héritier.

Charlemagne est le premier roi barbare cultivé. Il croit profondément que son royaume ne peut se développer qu'avec le progrès des sciences, des arts et des lettres. Protecteur de l'Eglise, il prend son rôle très au serieux car la religion est pour lui le ciment entre les différents peuples qui composent la Gaule. Ainsi il porte loin le glaive de la chrétienté et conquiert un véritable empire que par la force des armes.

De retour d'une campagne contre les sarrasins qui razzaient le sud de la Gaule, larrière-garde de Charlemagne, commandée par le comte de la Marche de Bretagne, le paladin Roland, périt dans une ambuscade dressé par des Basques dans le défilé de Roncevaux. Cet épisode restera célèbre et donnera naissance à une fameuse chanson de geste << la Chanson de Roland >>.

En 774, à la demande du pape, Charlemagne écrase les Lombards, coiffe leur couronne de fer et conquiert toute l'italie. Il est maintenant maître de toute l'Europe continentale, de la Mer du Nord à la Méditéranée, et de l'Elbe à l'Ebre. En l'an 800 il est sacré nouvel empereur d'Occident.

La vie à l'époque de Charlemagne:

Les frontières bien gardées, les peuples voisins dominés, l'empire connaît une époque de forte prospérité. Les grands seigneurs font cultiver leurs domaines par leurs serfs ou par des hommes libres et leurs donnent en echange une partie de leurs terres ( les tenures ) qu'ils exploitent à leurs compte. Ce système assure à la cour des revenus considérables, mais Charlemagne n'a pas les moyens d'organiser une administration permanente. Il remplace par une pyramide de vassalités : il nomme dans les provinces 250 comtes à qui il distribue des fiefs en echange d'un serment de fidélité et du "service d'ost" et envoie des "missi domini" pour faire connaître ses ordres ecrits ( capitulaires ).

Il réforme profondément le clergé, renforce la règle monastique et choisit lui-même les evêques parmis les hommes pieux et sages. Pour les surveiller, il créer les archevèques. En echange, il les affranchit de la noblesse en leur garantissant des revenus propres ( la dîme ). Il charge l'Eglise de répandre la culture : copie de la Bible en latin, écoles de village gratuites, etc. Le peuple doit être alphabétisé, et pour cela Charlemagne facilite le développement d'une ecriture nouvelle aux caractères très lisibles ( la carolingienne ou caroline ) ainsi que les langues populaires. Peu à peu, le latin abâtardit par les dialectes locaux devait donner naissance à une nouvelle langue : le francais.

La mort rapide de deux héritiers permet à Louis le Pieux de regner seul en 814. Il tente d'imposer un unique successeur mais doit renoncer sous la pression des nobles. A sa mort, les nobles et le clergé sont au bord de la révolte. L'unité de l'empire va éclater.

Deuxième partage : la France morcelée

( 840 à 987 )

Après de longues luttes sanglantes, les trois fils de Louis consentent à se partager l'empire lors du traité de Verdun ( 843 ): Charles le Chauve hérite de la Francia Occidentalis, Louis le Germanique des territoires entre le Rhin et l'Elbe et Lothaire d'une bande médiane entre le Rhin et l'Elbe. La France, L'Allemagne et l'Italie voyaient leurs frontières se dessiner.

Le partage est respecté pendant quinze ans. En 855 Lothaire meurt et laisse trois fils. Il y a désormais cinq royaumes qui ne cessent de se faire la guerre et ne peuvent lutter contre de nouvelles vagues d'invasions.

A partir de 850, les musulmans remontent le Rhone, pillent et brûlent les villages. Au nord et à l'ouest les Vikings attaquent les côtes franquent et sèment la terreurs dans les monastères et les couvents. Embarquant à plus de 200 guerriers ( et leurs chevaux ) dans de longs bateaux plats, ils portent leurs attaques loin dans les terres : en 864 , ils prennent Clremont-Ferrand.

En 911, une expédition dirigée par le chef Rollon s'empare de la Normandie. Incapable de défendre le territoire, Charles le Simple leurs cède. Le résultat est désastreux : à partir de cette base d'opérations, les Vikings peuvent frapper où ils veulent. Ils prennent et pillent Paris. La défense s'organise région par région. Les seigneurs font construire des châteaux forts aux endroits stratégiques. Ils proclament leur indépendance en Champagne, en Bourgogne, dans les FLandres et en Aquitaine.

Charles le Gros meurt sans descendance et, en 987, les nobles se réunissent à Royan où ils élisent un abbé laïc du nom de Hugues. En raison de la "chape" de Saint-Martin conservée dans son abbaye, Hugues est surnommé << Capet >>.

Hugues Capet ne règne que sur un petit royaume autour de Paris: au sud une partie de la plaine de Beauce de Paris à Etampes et Orléans, au nord Senlis, à l'est Sens et à l'ouest Poissy. La plupart des seigneurs sont plus puissants et plus riches que lui. Mais il dispose d'une arme qu'aucun de ces voisins ne peut acheter : le prestique de la couronne. Dès son sacre, Hugues Capet affirme les règles d'indivisibilité du royaume et de primogéniture, c'est à dire que seul le fils ainé du roi héritera de la couronne, et désigne son fils, Robert le Pieux, comme son successeur. ainsi naît l'adage populaire : << Le roi est mort, vive le roi >>. Très vite le roi acquiert une aura dû à son onction. Le peuple le croit thraumaturge : on le voit soigner des aveugles, comme le Christ, en leur lavant le visage avec de l'eau bénite ou guérir les écrouelles par son simple passage. Les premiers Capétiens sont prudents et se comportent en rois "bourgeois". Ils améliorent petit à petit leur situation et agrandissent leur domaine par des jeux de mariages et de successions, et déjà, au-delà des frontières, le roi des Francs est considéré comme le suzerain suprême des Francais.

La France de l'an 1000 :

Quand, en 1009, le khalife du Caire détruisit les lieux saints de Jerusalem, le peuple et les seigneurs du nord de la France craignirent que le Soleil ne prenne la forme de la Lune, annonçant ainsi la fin du monde. La peur de l'an 1000 est particulièrement vive en France et l'Eglise ne sait pas réagir face à cette panique générale, etant elle-même désorganisée. Les évêques et les abbés les plus riches se sont constitués de véritable seigneuries, les autres, les plus humbles, sont obligés de se mettre à disposition des seigneurs et de travailler la terre pour vivre. C'est de l'abbaye de Cluny que vient sa renaissance. Ses moines font voeu de chasteté, de pauvreté et renoncent aux combats du siècle. Ce mouvement connait un succès considérable et de nombreuses abbayes se rattachent à Cluny afin de jeter les bases d'un nouveau clergé. De grandes assemblées réunissent le clergé, les nobles, les pauvres et prêchent pour le retour à la paix. En 1054, l'Eglise déclare criminelle toute action guerrière contre les chretiens et réussit à imposer aux chevaliers, lors de leur adoubement, la "trève de Dieu" qui leur interdit de combattre pendant certains jours. L'aboutissement de cette action est la première croisade prêchée par le Pape Urbain II. En portant la chevalerie vers d'autres buts, l'Eglise la détourne des guerres féodales. Désormais les nobles ne peuvent plus faire n'importe quelle guerre.

Après l'an 1000, les francais découvrent que le monde ne touche pas à sa fin et que l'on vit même plutôt mieux. La france se peuple, les famines et les pestes se font plus rares et la mortalité diminue. Il est courant de voir dans les campagnes des familles de dix ou de quinze enfants. LEs progrès techniques ( moulins à eau, outils en fer), le defrichement et l'assèchement des marais permettent une extension des terres cultivables et une certaine opulence agricole. De nouvelles villes naissent, les villages deviennent des bourgs et Chartres, Dijon, Rouen, Amiens craquent dans leurs remparts. L'argent circule à nouveau et les routes des pélerinages favorisent la circulation commerciale. Les marchands italiens, flamands, catalans sillonnent le territoire et participent à des foires qui durent parfois six semaines. La ville attire le surplus des campagnes, d'anciens serfs apprennent des metiers d'artisan et ouvrent échoppes et boutiques le long des rues. A Paris, les boulangers, serruriers, bouchers, s'organisent en puissantes corporations d'où naît une nouvelle classe : la bourgeoisie. Ils obtiennent des seigneurs des garanties judiciaires, fiscales et policières et fondent des "communes".

C'est la grande réconciliation des chrétiens qui aboutit à la deuxième croisade, préchée par saint Bernard à Vézelay, à laquelle les nobles, dont le roi Louis VII, prennent part massivement.

La mouvement de Cluny est suivi de près par celui des cisterciens qui prônent la pauvreté absolue et incitent au travail manuel. Ils batissent les premières cathédrales. LA nef de Notre-Dame est achevée en 1180.

Enfin, la civilisation gagne même les petites cours seigneuriales. C'est L'époque de l' "amour courtois", des premiers "romans" de chevalerie, des chansons de gestes et de troubadours.

En 1180, lors de l'avènement de Philippe Auguste, plus de la moitié du territoire francais, l'Aquitaine à la Normandie, est sous domination des plantagenêts, famille régnant en Angleterre. En 1190, Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion s'embarquent ensemble pour la troisième croisade et se brouille lors du partage de Jerusalem. Richard s'empresse de verrouiller la Normandie et s'empresse de construire le fameux Château-Gaillard qui domine la vallée de la Seine, puis lance des expéditions en France où il trouve la mort. Au début du règne de Jean sans Terre, l'entente entre les deux rois semble parfaite : Jean offre à Philippe le Vexin et une partie de l'Auvergne et du Berry. Mais très vite, l'atmosphère se dégrade et à la suite d'une manipulation politique habile, Philippe Auguste envahit en toute impunité les possessions anglaises à l'exception de l'Aquitaine. Pour se venger, Jean sans Terre s'allie avec l'empereur du Saint Empire romain germanique Otton IV, contre le roi de France. Mais leur echec est total. LEs anglais sont poursuivis jusqu'à Londres et l'armée germanique est défaite en Juillet 1214 à Bouvines. Philippe Auguste offre à la France sa première grande victoire militaire.

Après la mort prématurée de Louis VIII, Louis IX n'a que 11 ans en 1226 lors de son avènement. Sa mère, Blanche de Castille, assure la régence et doit lutter contre les barons qui refusent une autorité féminine.

Saint Louis, réputé charitable, n'est pas faible. Il aime parfois se rendre sous son chêne pour rendre lui-même justice. Il impose la justice royale aux nobles qui continuent à se fier au "jugement de Dieu" et édicte des ordonnances pour moraliser la vie du Moyen-Age : il interdit le jeu, la prostitution non réglementée, le blasphème, le port d'armes aux nobles et les guerres particulières. Il développe les universités, dont la Sorbonne, et leur permet d'être indépendantes. C'est l'âge des grandes cathédrales gothiques. Mais c'est aussi un roi intolérent qui durcit l'Inquisition dans les pays cathares et étend à l'essemble du territoire. Il contraint les juifs à porter un signe distinctifs jaune. En 1270, il embarque pour la huitème croisade et meurt de la peste. Vingt-sept ans après sa mort il est canonisé.

Philippe III agrandit encore le royaume en annexant le comté de Champagne et gouverne une France riche. Le pays ne connait pas de guerres depuis Bouvines et sa population continue de croître ( environ 15 000 000 d'habitants ). Des villes comme Bordeaux, Toulouse ou Arras comptent plus de 30 000 âmes et Paris dépasse les 100 000 habitants, et même si cet essor est parfois troublé par de graves faminent ( 1315 et 1317 ); l'époque est plutôt à l'optimiste.

Philippe le Bel est un roi juriste. Il veut que sa volonté soit connu de tous, et pour cela, il faut ecrire. Il s'entoure de "legistes royaux" qui codifient le droit et établissent une administration centrale solide. Mais pour mener à bien ses projets, lutter contre les Anglais qui prennent leurs actes pour piraterie et contre le comte de Flandre en pleine révolte, il a besoin de beaucoup d'argent. Il réunit alors, en 1302, les premiers "Etats généraux du royaume" pour lever de nouveaux impôts.

Louis X doit faire face au mécontentement général devant l'impôt et Philippe V et Charles VI règnent trop peu de temps pour rétablir la situation. A la mort du dernier des Capétiens, le trône est disputé par le roi d'Angleterre Edouard III et Philippe de Valois, descendant collatéral des Capétiens. La guerre de 100 ans se dessine.

Les Valois et la guerre de Cent Ans :

les deux régions les plus riches d'Europe sont l'Aquitaine (sel, vin et commerce
maritime) et les Flandres (industries textiles). L'Aquitaine est ous domination anglaise mais le roi d'Angleterre est pour ces terres le vassal du roi de France. Les Flandres appartiennent aux Français mais dépendent de l'Angleterre pour leur approvi¬sionnement en laine et sont largement anglophiles. Si l'on ajoute la succession difficile au trône de France, revendiqué par les Plantagenêts, on trouve tous les ingrédients de la guerre de Cent Ans. En apparence, Édouard III n'a aucune chance contre les Français. L'Angleterre ne compte que trois millions de sujets et ne dispose que du quart de l'armée de Philippe VI qui peut rassembler plus de 15 000 hommes; elle vient à peine de conquérir le pays de Galles, ne domine pas encore l'Écosse et l'Irlande et ne possède ni indus¬trie ni grand commerce. En 1346, les deux armées se retrouvent face à face à Crécy, et c'est le désastre. La lourde chevalerie française se fait écraser sous les traits des archers gallois (yeomen). Édouard III s'installe à Calais.
Les Anglais y resteront deux siècles. Simultanément, la peste noire s'abat sur l'Europe entière, tuant des milliers de personnes, dont Philippe VI. Grâce à l'entremise du pape, une trêve de sept ans interrompt la guerre.
À partir de 1355, le Prince Noir, fils d'Edouard III, commence sa chevauchée meurtrière et ravage le Midi. Faute d'argent, ne peut réunir qu'une troupe de chevaliers pour aller le punir. En 1356, il est battu à Poitiers et emmené à Londres.
Le dauphin Charles, futur Charles V, réunit les États généraux pour payer la rançon et libérer le roi, mais le peuple est las de la guerre et commence à se révolter. De grandes jacqueries éclatent (Beauvais) et le dauphin doit partir les mater. Dès son départ de Paris, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, mène une révolte dans la capitale et ouvre les portes aux Anglais. Cette trahison indigne les Parisiens qui chassent l'oc¬cupant et assassinent le prévôt (1368). Mais le dauphin est trop faible pour continuer la guerre. Il négocie la paix au traité de Calais (1308) : Jean est libéré contre une forte rançon et Édouard renonce à la couronne de France, mais il reçoit en échange d'immenses terres (limousin, Périgord, etc.) et est dis-pensé de tout hommage pour ses biens en France. Incapable de payer la rançon, Jean Il retourne en Angleterre pour libérer les otages et meurt en prison en 1364.

Charles V a la chance d'avoir à ses côtés un célèbre capitaine, Bertrand du Guesclin, qui rétablit l'ordre dans le roy¬aume, chasse les pillards qui sillonnent les routes. Il bat le Prince Noir à Pontvallain en 1370 et reprend les forteresses anglaises une à une. En 1380, les Anglais ne détiennent plus que Calais, Bordeaux, Cher-bourg, Brest et Bayonne.
le début du règne de est calme et prospère. les épidémies disparaissent et une joie de vivre se manifeste à travers les fêtes somptueuses que donne la cour de France. En 1396, le roi devient subitement fou. Les Armagnacs et les Bourguignons se dis¬putent le pouvoir, entraînant avec eux les grands seigneurs qui prennent parti pour l'un ou pour l'autre. le 23 novembre 1407, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, assassine Orlèans en plein Paris. C'est le début de la guerre civile: on voit des moines faire l'apolo¬gie du crime et les bouchers, les plus sûrs partisans de Bourgogne, répandent la terreur dans Paris sous la direction de Simon Caboche (( dictature des abattoirs »). Les Armagnacs prennent alors la défense des Orléans, bientôt suivis par les ducs de Berry, de Bourbon et par les seigneurs du Midi. En 1415, une trêve est conclue, mais les Bourguignons s'entendent avec le roi d'Angleterre Henri V qui projette d'envahir la France. Ils promettent de rester neutres. les Anglais affrontent les Français à Azincourt: c'est à nouveau le désastre. Le traité de Troyes (24 mai 1420) oblige la famille royale à
désavouer le dauphin et à reconnaître Henri V comme seul héritier de la couronne de France. Henri V meurt à Vincennes le 31 Août 1422, deux mois avant Charles VI.

 

 

 

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